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Atalaku", un concept très à la mode dans le milieu musical Ivoirien. Depuis 2001, on organise en COTE D'IVOIRE un concours dénommé " ATALAKU". Devant la montée de ce phénomène, l'artiste le plus adulé de COTE D'IVOIRE MEIWAY n'avait pas hésité de chanter dans son dernier album: "Ne m'appelle plus ATALAKU", et ce phénomène se deporte sur toute l'Afrique de l'Ouest allant de DAKAR jusqu'à LAGOS. Comprenez ce que ça veut dire! Donc la léçon musicale de ZAIKO LANGA LANGA est bien prise en compte par les amoureux de la bonne musique. Mais cette créativité est d'abord l'expression des mutations qu'ont connu la musique congolaise. On reconnait son origine du groupe ZAIKO LANGA LANGA NKOLO MBOKA dans les années 80.
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Le phénomène est devenu pratiquement mode de vie, lorsque les DJ ont désertés les platines pour s'inviter sur la scène ivoirienne et lancer le "COUPE-DECALE" qui n'est autre que "ATALAKU". C'est en tout cas, avec eux, que le langage populaire abidjanais s'est s'enrichi du mot "Atalaku". Dans la version ivoirienne, il signifie littéralement simplement "éloges". Faire son "atalaku" veut par exemple dire vanter quelqu'un, comme le font si bien les griots dans la tradition africaine. A l'occasion des show dans les night club ou autres lieux de spectacles, les DJ, ou les animateurs font des "atalakus" à certaines personnes qui émues, déversent sur eux, des billets de banques. Mais le mot "Atalaku" trouve son origine dans la musique congolaise et surtout du ZAIKO LANGA LANGA. Il est même le symbole du bouillonnement de ce rythme.
- Tout est parti du "générique"
Depuis toujours, la Rumba s'est en effet présenter comme une musique " à paroles". Avec des compositions inspirées des faits de société, et qui traversent les temps et les générations. Il y a par exemple des noms qui dans ce cas, résistent aux épreuves du temps. Wendo Kolosoy, Kallé, Joseph Kabasélé, Luambo Makiadi, Pamelo Mounka, Mountouari, Tabu Ley… constituent en tout cas, la légion classique de la Rumba qui privilégie les textes bien cohérents. Ceux-là ont sûr plusieurs générations, bercé l'Afrique. C'est après eux qu'une vague viendra. Elle fera danser les africains avec un rythme fort, endiablé. ZAIKO LANGA LANGA, Olomidé, Wemba, JB Mpiana, Wera Son, Roga Roga, arrivent pris entre le désir commercial et la Rumba dans sa forme classique. Mais pour garder le tempo, ils essaient d'alterner entre les "titres à paroles " et " les titres d'animation " qui finalement, vont prendre le dessus grâce à la très forte demande. " Les titres d'animation sont une réponse à la demande implicite des boîtes de nuits, et même de certaines capitales africaines dans lesquelles le lingala n'est pourtant pas la langue d'usage. De ce point de vue, les titres d'animation seraient considérés par beaucoup comme une démarche purement commerciale, tandis que les titres à paroles seraient destinés à traverser le temps, pourquoi pas à entrer dans la postérité." Explique pour sa part, un critique musical congolais. La musique d'ambiance est ainsi consacrée par le dieu argent. Un album entièrement "à paroles" est directement voué à l'échec. Puisque l'audience de ce genre s'est aménuisée au fil des années. Pour les exigences d'un public beaucoup plus jeune et friand de la musique d'ambiance. Les chanteurs congolais s'inventent donc un concept qu'ils appellent "le générique". C'est lui qui donne le titre à l'album. Dans ce cas, la composition laisse le choix à l’improvisation de l’animateur qu’on appelle "Atalaku". Au Congo, il y en a plusieurs dont la renommée va désormais au-delà des deux Pays. Ils se sont d’ailleurs donnés des noms très évocateurs. Nono ( NDLR. alias l’Empereur Haïlé Selasié ) de Zaïko Langa-Langa ( le père des Atalakus), Djuna Mumbafu, "CNN" "Bill Clinton", "Bébé Kérosène", "Tutu Kaludji", "Kila Mbongo", "Dolce Parabolique", "Mbochi Lipasa" sont entre autres, des animateurs rois des "Atalaku" dans le milieu très chaud et mouvementé de la musique congolaise. Avant chaque titre, l’animateur ou "l’atalaku" s’emploie à citer des noms des personnalités dans tous les domaines de la société.
- Un enjeu économique
Le phénomène s’est finalement amplifié pour dépasser le cadre de la simple chanson, et prendre la dimension d’un enjeu économique. Certains entrepreneurs qui ont vu l’impact de ces musiques sur les populations en profiteront pour faire leur publicité. C’est par exemples le cas des compagnies, Kin service Express ou Kin Fret Service, des entreprises d’import-export qui sont longuement citées dans des chansons des artistes congolais. Même la multinationale Western Union s’y est mise, en parrainant plusieurs artistes dont Olomidé et Werra Son. Ce dernier est même très clair dans son album "Opération Dragon". "Pour envoyer de l’argent au pays, contactez " Western Union" chante Werra. Au même moment, Koffi Olomidé dans " Droit de Veto " fait pratiquement comme-lui. Mais là pour une autre entreprise. "Exxon International Trade livre votre voiture à domicile" chante en effet le grand Mopao. Malheureux parmi ces musiciens congolais, beaucoup ignoraient que toute pub se payait. Même le grand Wemba a par exemple passé des années à chanter gratuitement plusieurs couturiers européens dont Armani et feu Gianni Versace. Sans oublier les chaussures de luxe comme JM Weston, Church et Doctor Martens. Dans tous les cas, ce sont des "atalakus". Même s’ils ont été gratuits. Rendons grâce au groupe ZAIKO LANGA LANGA qui a créé ce concept qui fait danser même la Côte d’Ivoire et l'Afrique de l'ouest aujourd’hui.
Ecrit par Guillaume DISIYI NDOSIMAO
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