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  R.D.Congo
Le Congo (R.D.Congo), la République démocratique du Congo en forme longue, est un vaste pays d’Afrique centrale qui s’étend de l’océan Atlantique au plateau de l’est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est un des plus grand domaine de forêt équatoriale au monde, l’est du pays borde le grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, des grands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche en minerai.

À l’extrême ouest, une quarantaine de kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s’étale une côte sur l’océan Atlantique. Le pays partage ses frontières avec l’enclave de Cabinda (Angola) et la République du Congo à l’ouest, la République centrafricaine et le Soudan au nord, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’est, la Zambie et l’Angola au sud. Ces frontières sont dues aux conquêtes de Léopold II de Belgique, qui légua son territoire à la Belgique en 1908. Les populations congolaises obtiennent leur indépendance en 1960. Joseph-Désiré Mobutu prend le pouvoir, et transforme la République en dictature kleptocratique. Par souci d’authencité africaine le pays fut rebaptisé Zaïre de 1971 à 1997. En 1997 une coalition dirigée par Laurent-Désiré Kabila renversa Mobutu, mais les coalisés se brouillèrent plongeant le pays dans une guerre de succession à Mobutu, le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 500 ethnies de groupes noirs africains différents forment la population du pays. C'est une ancienne colonie belge : le Congo belge, indépendante depuis 1960. Son économie est principalement du secteur primaire (agriculture et exploitation minière). Le français est sa langue officielle et quatre langues bantoues (kikongo, lingala, tchiluba, swahili) sont des langues nationales. On appelle généralement ce pays sous sa forme longue République démocratique du Congo, R.D.Congo ou Congo-Kinshasa, du nom de sa capitale Kinshasa, afin de ne pas le confondre avec l'autre Congo ou Congo-Brazzaville ou République du Congo. Les plus anciennes traces de peuplement au Congo sont associées à un Pré-Acheuléen, découvert sur les sites archéologiques de la Mulundwa au Katanga, de Katanda 2 et de Sanga 5 au Kivu. Les galets taillées ou choppers ont un âge estimé à plus de 200 000 ans, sans qu'il soit possible d'être plus précis aujourd'hui. Le territoire de la R.D.Congo était anciennement peuplé uniquement par des chasseurs-collecteurs, peut-être en partie ancêtres des peuples pygmées actuels. Entre les traces d'un Pré-Acheuléen et l'arrivée des premiers villageois, le Congo sera toujours occupé par des groupes nomades, chasseurs-collecteurs, tailleurs de pierre, de cultures différentes. L'Acheuléen est attesté par de nombreuses découvertes isolées de bifaces et de hachereaux ainsi que par le site de La Kamoa au Katanga. Durant le deuxième millénaire avant Jésus Christ, le nord de l'Afrique équatoriale vit une vague de migrations de populations productrices de nourriture, néolithiques, parlant pour certaines des langues bantoues. Entre - 3 500 et - 2 000 ans, une première occupation villageoise dont l'épicentre se trouvait au sud-Cameroun, aboutit à l'installation d'un mode de production néolithique dans le nord et l'ouest de l'Afrique centrale. Au Congo, les premières traces de ces populations se matérialisent vers - 2 600 ans par la dite 'Tradition Imbonga' près de Mbandaka et du lac Tumba, et par la 'Tradition Ngovo' au bas-Congo à partir de - 2 300 ans. De l'autre côté du pays, au Kivu, on voit apparaître des villages de la 'Tradition Urewe'. Ces villages ne sont que l'extension occidentale de communautés productrices de nourriture, métallurgistes, installées surtout en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, dans l'ouest du Kenya et de la Tanzanie ; les plus anciennes traces y sont datées de - 2 600 ans. La métallurgie du fer se développe de manière indépendante à ces installations, les plus anciennes traces se découvrent en Afrique centrale au nord-ouest (sud-Cameroun et zone de Bouar en Centrafrique), et au nord-est (Région Interlacustre). Au Congo, le fer n'est pas connu dans la région occupée par la 'Tradition Imbonga' ; ce n'est que plus tard vers - 2 000 ans que l'on travaillera ce métal (sites de Pikunda et de Munda). Vers la même époque, le bas-Congo connaît ses premières fontes du fer dans le cadre de la 'Tradition Kay Ladio' qui suit dans le temps la 'Tradition Ngovo'. Au Kivu, dès l'installation des premières communautés villageoises, il est probable que le fer est présent, comme l'attestent les nombreux fours de réduction du fer bien connus au Rwanda et au Burundi. Plus tard, comme l'indiquent des recherches allemandes sur les affluents du fleuve Congo, ces premières populations vont lentement coloniser le cœur de la forêt équatoriale en suivant les axes des cours d'eau de l'aval vers l'amont ; des travaux espagnols dans l'Ituri suggèrent qu'il faut attendre - 800 ans pour rencontrer les premiers villages dans certains secteurs de la forêt. Vers la fin du Moyen Âge, les populations, alors organisées en chefferie, s'édifient en différents royaumes, qui pour certains, voient leurs apogées correspondre avec les premiers contacts avec les Européens du XVe siècle. Cette période est marquée par différents royaumes marchands, commerçant avec les esclavagistes sur la côte et entre eux à l’intérieur du continent. Certains royaumes s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres et possèdent des réseaux commerciaux par delà leurs frontières. La traite des noirs s’étend jusqu’à l’intérieur du continent et correspond, avec la traite d’ivoire, à l’essor économique ou déclin de différents royaumes.Elle a eu surtout un impact démographique sur l’est du pays et à fait pâtir la tradition orale. Les Européens se limitèrent aux régions côtières jusqu’à la moitié du XIXe siècle. Dès les années 1940, dans ce qui était alors le Congo belge, deux tendances indépendantistes importantes se manifestaient dans la capitale Léopoldville : celle des « gens d'en bas » (Bas-Congo et Bandundu) parlant le kikongo et celle des « gens d'en haut » parlant le lingala, venant de l'Équateur d'abord et finalement de tout l'intérieur du pays. Dans la première catégorie se forma en 1949 une association d'abord culturelle et finalement politique, l'Alliance des Bakongo (Abako), dont Joseph Kasa-Vubu devint président en 1954. Son rêve devint de rétablir l'ancien royaume Kongo de l'époque portugaise, en fait celui des Bakongo. Cette tendance se durcit très vite et réclama bientôt l'indépendance immédiate tout en demeurant fédéraliste lorsqu'il s'agit plus tard de discuter le problème du reste du Congo. Les évolués « d'en haut », venant de régions plus diversifiées et séduits par le « plan de 30 ans pour l'émancipation de l'Afrique » du Professeur belge Van Bilsen, publié en 1956, étaient aussi désireux de maintenir le grand Congo unitaire. Leur manifeste dans ce sens publié le 1er juillet 1956 fut vigoureusement combattu par l'Abako dès son assemblée générale du 23 août 1956. Le plan de 30 ans est déclaré utopique : « la nationalisation des grandes compagnies vivrières et agricoles comme des parastataux est souhaitable. Puisque l'heure est venue, il faut accorder aujourd'hui même l'indépendance immédiate ! » La Belgique, qui croyait à la progressivité de la transition vers l'indépendance organisa les premières élections à l'échelon communal, limitées aux grandes villes en 1957. L'Abako triompha inévitablement à Léopoldville et cela impressionna certains unitaristes, tel Patrice Lumumba, un Tetela du Kasaï, intelligent et idéaliste, qui ne tarda pas à fonder son propre « mouvement national congolais » MNC-Lumumba, plus revendicatif que celui du MNC-Kalonji, Albert Kalonji étant aussi un Kasaïen unitariste. Ces jeunes rivalités politiques confrontées aux structures tribales compliquées du Congo allaient former un mélange détonant qui détruirait au bout de cinq années la première démocratie parlementaire congolaise.

On ne peut que rappeler ici quelques épisodes saillants :

1. émeutes de Léopoldville (4 -7 janvier 1959) provoquées par l'interdiction tardive d'un meeting de l'Abako. Arrestation de Kasa-Vubu le 12 janvier. Il sera libéré le 14 mars.

2. Le 13 janvier, déclaration gouvernementale annonçant l'intention belge de réaliser rapidement l'indépendance du Congo unitaire. L'Abako rejette cette déclaration deux jours plus tard.

3. La suite de l'année 1959 voit d'abord l'autorisation des partis congolais, suivie d'élections générales sur l'ensemble du territoire congolais marquées par toutes sortes de manœuvres de ces partis dont se dégagèrent 3 pôles : un Cartel des nationalistes fédéralistes formés de 6 partis séparatistes ou autonomistes dont l'Abako et le MNC - Kalonji, le pôle du MNC-Lumumba et finalement celui de l'homme fort du Katanga, Moïse Tshombé, conscient de la force économique de sa région et de l'intérêt de s'entendre avec l'Union Minière (tout comme Kalonji vis-à-vis des exploitations de diamant au Kasaï). Parmi les partis qui émergent on retrouve le PSA (Parti Solidaire Africain d'Antoine Gizenga),ainsi que le PNP (Parti National du Peuple conduit par Albert Delvaux et Laurent Mbariko).

4. En 1960, ce sera la Table Ronde de Bruxelles (du 20 janvier au 20 février) où représentants congolais et belges fixèrent les étapes suivantes. En mai eurent lieu les élections législatives et provinciales qui marquèrent de nouveaux clivages et alliances (scission de l'Abako) d'où résulta un compromis : Joseph Kasa-Vubu fut élu Président par le Parlement (premier président élu de la R.D.Congo), Lumumba étant Premier ministre.

5. Au moment de l'indépendance du pays, le Roi des belges se rendit en personne à Léopoldville (future Kinshasa) pour assister aux cérémonies consacrant la fin de l'union coloniale entre la Belgique et le Congo, et marquant la naissance sur la scène internationale de ce nouvel État francophone (langue officielle) d'Afrique.

6. L'assassinat de Patrice Lumumba en 1961 et la reprise du Katanga et du Sud-Kasaï (qui avaient fait sécession au lendemain de l'indépendance) marqueront le début de l'ascension de Mobutu Sese Seko. Celui-ci s'emparera définitivement du pouvoir en 1965.

Zaïre fut entre 1971 et 1997 le nom porté par l'actuelle République démocratique du Congo, ainsi que par sa monnaie et par le fleuve qui donne au pays son seul accès à l'océan Atlantique. Le Congo belge devint indépendant en 1960 en tant que « République du Congo », sous le même nom que l'ancienne colonie française voisine du Congo. Le titre « République démocratique » fut adopté en 1966, mais les deux pays étaient généralement distingués par leur capitale, à savoir Congo (Léopoldville) et Congo (Brazzaville). Dans les années qui suivirent la prise du pouvoir par le général Joseph-Désiré Mobutu, ce dernier entama à partir de 1972 une campagne d'« authenticité ». Le pays fut renommé « République du Zaïre », d'après un mot local pour rivière. Le général Mobutu devint Mobutu Sese Seko et obligea tous ses concitoyens à adopter des noms africains (suppression des prénoms à connotation occidentale, et rajout d'un « postnom »). L'abacost est promulgué. Une nouvelle monnaie - le zaïre divisé en 100 makuta (singulier likuta) - remplaça le franc. De nombreuses villes furent rebaptisées. À partir de 1974, de nombreux biens des étrangers sont confisqués ("zaïrianisation"). C'est le prélude au départ de nombreux étrangers qui quittent le pays. L'économie commence à péricliter. Le régime semble absent dès les années 1990. Mobutu est renversé par Laurent-Désiré Kabila en 1997 lors de la Première guerre du Congo, le pays retrouva son nom de République démocratique du Congo. Actuellement l'ONU maintient la présence de militaires de différents pays dans le cadre de la Monuc. Mais les violences continuent. La guerre aurait fait 3,8 millions de morts (chiffres d'un responsable congolais commentant un rapport de la commission des droits de l'Homme de l'ONU, 2003). Depuis la colonisation belge l’économie est fortement tournée vers l’exportation, notamment grâce aux produits miniers. Aucune industrie de pointe n’a été développée : elles n'étaient pas désirées par les colonisateurs qui souhaitaient laisser le Congo dépendant, et les indépendantistes n’ont pas pu les développer. Par exemple, le cuivre est extrait en grandes quantités, mais il doit être exporté pour être traité, avant de revenir importé sous des formes finies (câbles, fils électriques…). Le tourisme a été ruiné par les guerres civiles. La majeure partie de la population reste alors active dans l’agriculture. Dans le détail, la République démocratique du Congo possède un important potentiel de ressources naturelles et minérales. Son économie s’est cependant drastiquement ralentie depuis le milieu des années 1980. L’agriculture reste le principal secteur de l’économie. Les principales ressources agricoles sont le café, le bois (afromosia, ébène, wengé, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki…) et le caoutchouc. Les principales exploitations de cuivre et de cobalt sont dominées par la Gécamines. Le diamant industriel est extrait par la Miba. 

Voici une liste des ressources minières par province:

1. Diamant : Kasaï Oriental, Kasaï Occidental, Bandundu, Équateur, Province Orientale et Bas-congo.
2. Or : Province Orientale, Maniema, Katanga, Bas-Congo, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Équateur.
3. Cuivre : Katanga.
4. Étain : Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema.
5. Colombo tantalite (Coltan) : Nord-Kivu, Sud-Kivu, Katanga, Maniema.
6. Bauxite : Bas-Congo.
7. Fer : Banalia, Katanga, Luebo, Kasaï-Oriental.
8. Manganèse : Katanga, Bas-Congo.
9. Charbon : Katanga.
10. Pétrole : Bassin côtier de Moanda (en exploitation), la Cuvette Centrale, Ituri, Bandundu (indices)
11. Gaz méthane : Lac Kivu
12. Schistes bitumeux : Mvuzi(dans le Bas-Congo)
13. Cobalt : Katanga.
La liste est longue et nous ne pouvons pas tout détail sur cette ligne, etc.....


L’industrie des télécommunications sans fil était d’abord sous le monopole de la compagnie Télécel et depuis la libéralisation, est partagé par des sociétés comme Starcel Congo, Vodacom, Celtel, SAIT Telecom (Oasis), Congo Chine Télécoms, Sogetel, Supercell, etc. L’explosion démographique a transformé le Congo des années 60 et ses 15 millions d’habitants en géant d'une cinquantaine de millions d’habitants. Le peuple congolais est composé de plus de plusieurs centaines d’ethnies ou tribus – certains donnent le nombre de 200, 250, plus de 365, 400 ou 450 – formant différents groupes. Notons néanmoins que nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grosses ethnies.

Groupe Bantou (80 % de la population) :
1.Kongo 
2.Mongo 
3.Luba 
4.Tshuayili
5. Autres : Lunda, Tchokwé, Kuba, Tetela, Bangala, Shi, Nande, Hunde, Nyanga, Tembo, Téké et Bembe, Babindi, Hema, Nande, Mbuza (Budja), Bowa, Wakuti, Bemba, Yeke, Kwango, Pende, Ambuun.

Groupe Soudanais :
1. Ngbandi
2. Ngbaka
3. Manvu
4. Mbunja
5. Moru-Mangbetu
6. Zande

Groupe Nilotique :
1. Alur
2. Kwakwa
3. Lugbara
4. Logo
5. Tutsi

Groupe Chamite :
1. Hima 

Groupe Pygmée :
1. Mbuti
2. Twa
3. Baka
4. Babinga
5. Yaka

Avec ses 62 660 551 d’habitants, le Congo-Kinshasa est considéré comme le «premier pays francophone du monde», après la France.Mais seulement une minorité parle couramment le français, et ce, bien que l'éducation secondaire soit en français à travers le pays.La population du Congo parle plus de 200 langues, voire même plus de 400 dialectes. La majorité des Congolais parlent plusieurs langues. Généralement ils parlent couramment une langue et se débrouille dans une ou plusieurs autres, souvent une des langues nationales.

Guillaume DISIYI DOSIMAO & R.C.W.B







Commentaires sur cette page:
Commentaire de Abel Musendek( musendekyahoo.fr ), 22.09.2010 11:21:14:
Bonjour Guillaume, J'ai apprécié votre article. C'est vraiment un plus pour tous ceux qui se disent chercheurs. Cependant, sans être exhaustif, je souhaiterais que vous puissiez ajouter le Katanga sur la liste des provinces où l'on trouve l'étain. C'est péscisément à Manono. Voilà ma petite contribution. Par ailleurs, chercheur indépendant, je vous prièrais, si possile, que l'on reste des correspondants réguliers pour échanger sur des questions intellectuelles, à l'instar de cet article. Meilleures slutations. Abel



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