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  Gaspard Lonsi
Depuis son récent séjour à Kinshasa en provenance de Paris, Gaspard-Hubert Lonsi Koko ne laisse personne indifférent. D’aucuns, déçus par l’amateurisme de la classe politique congolaise, apprécient chez cet homme la finesse de ses analyses et sa vision d’un Congo du troisième millénaire davantage meilleur et éclairé.


Dans un entretien accordé à Media Africa 21, le leader du Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC),Gaspard-Hubert Lonsi Koko, se penche, tel un entomologiste, sur le cas de ce grand malade qu’est la République Démocratique du Congo.

>> Media Africa 21 : Que pensez-vous de la République Démocratique du Congo, sur le plan géostratégique

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : La République Démocratique du Congo doit sortir rapidement des mains inexpertes et changer radicalement de leadership.

>> Media Africa 21 : Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : L’internationalisation continue du terrorisme, la sophistication des filières des narco-trafiquants et le blanchiment des capitaux à grande échelle, sont en train de permettre la migration et l’installation progressives au cœur des forêts équatoriales africaines. En effet, il existe aujourd’hui, dans cette région du continent africain, des administrations-fictions dont la plus inquiétante est celle de la République Démocratique du Congo. Notre pays est donc en train de se transformer, en matière de terrorisme, en une base-arrière prospère et redoutable qu’aucune coalition ne pourra aisément déloger demain. Rappelons que la République Démocratique du Congo, c’est 2 345 000 Km² au centre du continent africain, dont 40 % des forêts africaines et 80 millions d’hectares de terres arables. C’est surtout 65 000 000 d’habitants, dont 60 % ont moins de 20 ans et près de 450 ethnies. Notre pays a 9 frontières auxquelles il faut ajouter la situation singulière de l’enclave du Cabinda. Il s’agit donc d’un réservoir inépuisable de ressources minérales, stratégiques pour la plupart, en plus d’un réseau hydrographique exceptionnel et d’un potentiel hydroélectrique unique au monde. Malheureusement, depuis près de deux décennies, ce colosse aux pieds d’argile qu’est la République Démocratique du Congo a vacillé au point de devenir le ventre mou de l’Afrique centrale. Ses atouts sont aujourd’hui inversement proportionnels à ses faiblesses. 

>> Media Africa 21 : Votre pays connaîtrait-il, selon vos propos, un déficit en matière de souveraineté ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Non seulement l’on y assiste à un abandon de souveraineté, mais des mouvements terroristes étrangers ont sanctuarisé notre pays depuis plus de 15 ans. L’armée et la police congolaises, en plus d’être parmi les plus corrompues au monde, ont pour hauts faits d’armes la violation systémique et systématique des Droits Humains, la déshumanisation de la gent féminine violée de manière indescriptible, en concurrence avec ces milices régionales transfrontalières, comme les FDLR et la LRA, qui écument une large partie du territoire et entretiennent une insécurité chronique. Les services spéciaux ne sont pas du reste dans les brimades et les meurtres politiques.

>> Media Africa 21 : Quelles sont donc les conséquences directes de l’insécurité qui règne surtout à l’Est de la RD Congo ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Ces conséquences sont connues du commun des mortels. La situation socio-économique est de plus en plus catastrophique avec un chômage massif et des tensions nées des frustrations diverses. L’administration congolaise, quasi-inexistante et corrompue à souhait, ne contrôle pas grand-chose faute de management et des moyens pour accomplir ses missions. Par ailleurs, on assiste au Congo à la vente cyclique de plusieurs concessions minières sur lesquelles le gouvernement a abandonné sa souveraineté et dont personne ne connaît le contenu, ni ne maîtrise l’exploitation, encore moins l’exportation au point de mettre dangereusement des produits sensibles comme l’uranium ou le cobalt entre des mains douteuses ou au profit des filières terroristes. Pis encore, via des frontières poreuses, on note des afflux migratoires massifs et l’implantation significative d’une forte communauté extra-continentale que personne ne sait ni identifier véritablement, ni contrôler dans la durée. Cette communauté non autrement identifiée s’illustre dans le blanchiment d’argent, les trafics de tout genre et le rachat de plusieurs sites dont certains sont transformés en lieux de prière à partir desquels les nouveaux convertis sont pris en charge socialement. Tout cela est entretenu et encouragé par la médiocrité d’une classe politique complaisante qui ne vise que l’enrichissement personnel immédiat, quel qu’en soit le prix, sans oublier son « masochisme » jouissif devant la misère d’une population qui ne sait plus à quel saint se vouer. Pourtant, toutes ces problématiques renvoient à la survie ou à la disparition de l’État congolais avec les conséquences géopolitiques que l’on peut facilement deviner.

>> Media Africa 21 : Comment voyez-vous alors la situation sur le plan régional ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Les observateurs avisés savent que, s’agissant de la République Démocratique du Congo, il y a péril en la demeure aux dommages collatéraux internationaux garantis. Lorsque l’on sait que plusieurs pays voisins, déjà en froid avec notre pays, sont eux-mêmes en « sursis » avec des tensions internes comme au Rwanda et au Burundi, des aventures sanglantes des LRA et des SHEBABS en Ouganda, la présence de nombreuses milices et forces négatives installées dans de zones de non-droit au Soudan et en Centrafrique, les incursions récurrentes des troupes étrangères dans le Sud de notre pays, sans oublier les perspectives non rassurantes de changement de régimes dans d’autres, il devient impératif de faire face à ces inquiétudes légitimes et de sortir très rapidement la République Démocratique du Congo de cette situation. 

>> Media Africa 21 : En quoi consiste cette sortie ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : À travers un leadership nouveau et clairvoyant ayant la connaissance ainsi que la maîtrise de la chose publique et des enjeux du XXIe siècle, la République Démocratique du Congo devra s’engager de manière volontariste et avec l’aide des partenaires internationaux convaincus pour garantir la Liberté, l’Égalité, la Sécurité et la Prospérité.

>> Media Africa 21 : Et comment s’articulera cet engagement ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko :Du point de vue géopolitique, il faudra commencer par restaurer la souveraineté et de l’autorité de l’État congolais sur l’ensemble de son territoire. Ensuite, il faudra s’adonner à la pacification totale du pays pour mieux garantir l’existence de toutes les communautés et renforcer le ciment identitaire national. Tout cela ne sera possible que grâce à l’instauration d’un État de droit avec des institutions fortes dotées des attributs et des pouvoirs réels, à l’aide de la moralisation de la vie publique, de la définition d’un pacte républicain, grâce au respect des engagements internationaux souscrits et à une politique de bon voisinage. Du point de vue militaire, sécuritaire et géostratégique, il faudra bâtir une armée républicaine dotée des compétences, d’outils et des moyens modernes proportionnels aux défis et enjeux actuels. Cette armée devra être un maillon d’une force régionale pour une défense commune. Il faudra aussi ériger des bases militaires en partenariat stratégique avec l’AFRICOM et créer des unités spéciales qui seront chargées des espaces aérien, géologique, fluvial, maritime, lacustre et des frontières terrestres. Enfin, il faudra non seulement restaurer la Police Nationale et créer des unités spécialisées en son sein, mais aussi redéfinir les missions des services spéciaux, ceux-ci devant être tournées vers la recherche et le développement. Sur les plans économique et socio-culturel, il faudra renforcer les capacités de l’administration et promouvoir la bonne gouvernance. Nous devons donc repenser les politiques du développement, rationaliser ses objectifs et ses priorités au moyen de la création, par exemple, des Zones Franches Industrielles. Le Rassemblement pour le Développement et la Paix au Congo (RDPC) est favorable à la garantie et à la sécurisation des investissements, des droits individuels et des sociétés : d’où la nécessité d’un audit indépendant en vue de la réhabilitation du portefeuille de l’État. Il est donc indispensable d’approfondir la coopération régionale sur la base des avantages comparatifs, de garantir la sécurité alimentaire et énergétique par le biais d’un investissement massif prioritaire dans l’agriculture et les infrastructures. Dans la même optique, il faudra réhabilité, renforcer et faire la traçabilité des systèmes éducatif et sanitaire. Enfin, il faudra non seulement assainir et mettre en place des infrastructures financières et bancaires modernes, mais surtout privilégier la réhabilitation sociale et l’indemnisation des victimes grâce à une Justice indépendante. Ce vaste et ambitieux programme pour le développement intégré de la République Démocratique du Congo ne pourra se réaliser que si notre pays fait émerger un leader crédible, déterminé, capable de relever les défis, de conduire avec intelligence la destinée de la Nation et de défendre les intérêts du peuple congolais et ceux de la Communauté des Nations.

>> Media Africa 21 : Quelles sont donc les garanties et la plus-value de votre candidature à la présidence de la République Démocratique du Congo ?

>> Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Les atouts de ma candidature ? Je dirai avant tout mon itinéraire sociologique et ma virginité s’agissant de la gestion de la chose publique congolaise. Ensuite ma formation et mon expertise politique, auxquelles il faudra ajouter ma capacité à pénétrer et à mobiliser les réseaux internationaux d’influence. Enfin, ma vision et mon programme.

Propos recueillis par Eric Mwamba

© Media Africa 21








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